Jour 3 Après Midi - Ilet aux Pigeons

Publié le par Amrael38

Après avoir cassé la croûte, nous avons fait un peu de plongée autour de l’Ilet aux Pigeons qui fait partie de la Réserve Cousteau.
 
Nous avons embarqué à bord d’un bateau avec un fond en verre qui nous permettait de voir au fond de l’eau la faune et la flore marine.
 
La première chose que l’on remarque c’est le nombre important de bateaux qui sont ancrés autour de Ilet : Clubs de plongée, bateaux touristiques et bateaux privés …
La seconde chose que l’on remarque en observant les fonds, c’est qu’ils sont assez pauvres. D’après l’idée qu’on se fait d’une réserve marine, on pouvait s’attendre à trouver moultes espèces marines … Mais là … On pouvait voir quelques énormes éponges cratères et des coraux de feux dispersés de-ci de-là. Quelques poissons sont également visibles, mais on n’en voyait quand même pas énormément. C’est lorsqu’un homme d’équipage a jeté un morceau de pain dans l’eau qu’une bonne centaine de poissons de toutes tailles ont rappliqué à toute vitesse autour de nous.
 
NB : Les éponges cratères sont des éponges énormes en forme de jarre ou de bol. Certaines sont si grosses qu’un plongeur peut y rentrer entièrement.
NB 2 : Les Coraux de Feu sont des coraux à la couleur jaune qui provoquent une sensation de brûlure sur la peau lorsqu’on les touche. Le skipper du bateau, raconte d’un air moqueur, qu’un touriste à essayé d’un ramener un bout et a caché le morceau dans son caleçon de bain... Le pauvre doit s’en souvenir encore…
 
Après avoir enfilé un masque et des palmes, nous avons plongé pour aller voir de plus près les fonds autour de l’ilet. Malheureusement, même en s’éloignant un peu du bateau, on ne rencontre pas grand-chose au fond de l’eau … Quelques oursins, un peu de coraux et de rares poissons. C’est un peu dommage de constater que cette partie de la réserve Cousteau semble presque « stérile ». Plutôt que de chercher plus loin, je suis retourné au seul endroit où l’on voyait le plus de poissons, c'est-à-dire ceux qui avait été attirés par le pain jeté autour du bateau. Le problème est qu’aussitôt le morceau de pain dévoré, le nuage de poissons se dissipe rapidement et on a à nouveau une impression de « vide » … C’était assez loin des images de Cousteau que l’on pouvait voir à la télé.
Selon les mémoires d’un vénérable ancien (mon paternel): « les fonds qu’on a vus sont loin de ce qu’ils étaient il y a 15 ans quand il avait fait la même chose. On pouvait y voir une faune et une flore extraordinairement plus riches. Aujourd’hui, les coraux et les poissons ont presque tous disparus ». Mis à part le plaisir de faire un peu de plongée, ça laisse quand même une impression de gâchis. Pour attirer les touristes-vaches-à-lait, toute une flottille de bateaux et d’écoles de plongée se sont développées. Ce qui a sans doute fini par dégrader cette partie de la réserve Cousteau...
 
 
(Pour voir les photos, cliquez sur l’image ci-dessus)
 
Histoire du Lieu : Ces deux minuscules îlots sont les seuls à émerger de la Côte Sous le Vent. Ils sont situés à Pigeon, plus précisément en face de la plage de Malendure et du littoral de Galets, à quelques 800 mètres du bord de mer. Accrochant irrémédiablement nos regards lorsque l'on passe sur cette côte d'une rare et tranquille beauté, elle délimite et façonne un périmètre proche qui rompt la monotonie bleutée et apaisée du plan d'eau Caraïbe. Le relief volcanique collinaire et leur végétation verdoyante provoquent naturellement un appel à les visiter. Séparés par un cours et étroit chenal, Ils ne se laissent approcher qu'en voilier ou bateau à moteur. Les canots de pêche n'y sont pas tolérés car les lieux font partie intégrante du premier parc naturel national sous marin de France. Et puis la présence de courant imprévisible dans ce couloir maritime conjugué à la distance à parcourir, est de nature à décourager les nageurs velléitaires.
En revanche, de nombreux plongeurs et touristes y accourent en bateau à fonds de verre afin d'admirer l'exceptionnelle beauté des fonds marins labellisés sous l'appellation "réserve Cousteau". C'est bien ici, dans les profondeurs sous marines ceinturant les ilets que le commandant Cousteau y a tourné "le monde du silence" dans les années 50. A terre, la nature sauvage et épineuse par endroits n'incite pas à effectuer les promenades tous azimuts ni même pour aller voir la croix blanche dominante. Le parcours d'approche des îlets permet de repérer le profil déchiqueté, rocailleux, du pourtour quelques fois ponctué de grottes marines. Un mouillage paisible et caché, côté ouest procure aux privilégiés de la voile le vécu des sensations indicibles de la mise hors du monde. Se prennent-ils alors peut-être à imaginer dans leur configuration d'autrefois ces cailloux recouverts du fruit tropical, la goyave, et qui selon l'histoire expliquerait l'origine de la première dénomination de la commune de Bouillante, l'Islet à Goyave.

Publié dans Guadeloupe

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