Jour 7 - Point à Pitre

Publié le par Amrael38

Un matin où « The Sea » ne voulait plus de nous (autrement dit : où on en avait un peu marre de faire les crêpes sur la plage), nous avons voulu allez faire un tour à Point à Pitre pour y voir le fameux marché Saint-Antoine. Malheureusement pour nous, il était en restauration: les précédentes tempêtes l’avaient beaucoup abîmé. C’est pourquoi nous n’avons que peu de photos du lieu. Les étals d’épices, de fruits, de cocktails de planteurs en bouteilles sont plus impressionnants que partout ailleurs. Devant chaque petit étal, des Doudous appellent les touristes à venir voir leur magasin : « Viens me voir mon chéri », « Approche mon doudou ». Ne faites pas mine d’être intéressé par politesse car si elles vous attrapent, vous en avez pour des heures ;)
(D’ailleurs, ça frise un peu la vente forcée parfois)
 


(Pour voir les photos, cliquez sur l’image ci-dessus)

Histoire du lieu : Comme la plupart des grandes villes des Caraïbes, Pointe à Pitre manque globalement de charme. Cyclones, incendies, tremblements de terre ont mis à bas une grande partie du patrimoine, tandis qu’un urbanisme incontrôlé achève de défigurer certains quartiers. N’empêche ! Ce qui reste du centre historique de Pointe à Pitre mérite quand même une petite visite. Direction la Darse, face à la Place de la Victoire. C’est là que les pêcheurs accostent pour approvisionner le petit marché couvert en poisson frais. Derrières les grands arbres majestueux de la place de la Victoire on devine quelques belles maisons d’architecture créole, et la façade magnifique d’un vieux cinéma. Un peu plus loin, dans la rue Nozières, le Musée Saint John Perse vaut à lui seul un petit détour par Pointe à Pitre. Installé dans une très jolie maison coloniale, la maison Souque-Pagès, il reconstitue l’intérieur des riches planteurs et réuni une belle collection de vêtements d’époque, sans oublier bien sûr des photos et des lettres de Saint John Perse.
Une des principales hypothèses concernant l’étymologie de la ville affirme que son nom lui vient de Peter, un pêcheur Hollandais qui vendait le fruit de sa pêche à cette pointe à proximité du vieux fort Louis. Par déformation, la pointe devient la Pointe à Pitre. Mais l’endroit est peu propice à une du fait des marécages alentours. Le mouillage protégé du Petit Cul de Sac séduit les anglais qui fondent une première cité sur un morne et entreprennent d’assainir le littoral. Après la restitution de l’île aux français à la suite du Traité de paris (1763), la cité adopte le nom de la proche pointe si prisée des pécheurs.
Du fait de sa position centrale dans l’île, de son port plus sûr que celui de Basse Terre et de sa proximité des ressources sucrières abondantes en Grande Terre, la ville se développe rapidement. Elle est détruite une première fois par le tremblement de terre de 1843, puis par d’autres séismes et de fréquents incendies, avec en point d’orgue, le cyclone de 1928.
En dépit de ces tragédies, « la Pointe » comme l’appelle les guadeloupéens, poursuit encore son développement. De nombreuses HLM s’érigent. Depuis, ces grandes structures et d’anciens quartiers populaires comme le carénage font l’objet d’un plan de résorption de l’habitat insalubre.
En 1970, l’aéroport du Raizet (commune des Abymes) reçoit ses premiers gros porteurs. Une nouvelle aérogare le remplace début 2000.
A l’écart de la cité, la Pointe Jarry (commune de Baie-Mahault) accueille une importante zone industrielle, le véritable poumon industriel et commercial de l’île, dont le port de marchandises est l’extrémité du cordon ombilical qui relie la métropole à la Guadeloupe.
La cité pointoise est un centre important et connaît en journée une forte activité et d’énormes encombrements. Il vaut mieux choisir de la visiter plutôt le matin et de s’échapper vers les plages avant les grosses chaleurs de midi.
Il ne reste que peu de d’habitations de l’époque ancienne. Il faut lever les yeux pour découvrir, au hasard d’une rue, ces balcons de fer ouvragé, rares témoignages du style colonial. Outre le presbytère en cours de restauration, deux vieilles maisons coloniales abritent de modeste musée. Il s’agit du musée Schœlcher qui relate le passé du combattant abolitionniste et du musée Saint John Perse, en hommage au poète et diplomate originaire de Pointe à Pitre. L’édifice a été conçu par Gustave Eiffel et était destiné à l’origine, à de riches bourgeois de la Nouvelle Orléans.
La place de la victoire en centre ville fut le théâtre d’une sanglante bataille où en 1794 Victor Hugues repoussa les anglais. Plantée de palmiers royaux, de manguiers et autres grands arbres, elle est un lieu de promenade prisé des pointois. Face au Palais de justice, la Basilique Saint Pierre-Saint Paul dresse sa façade d’inspiration latino américaine. Reconstruite sur les ruines de l’ancien édifice écroulé en 1843, sa structure métallique répond aux normes antisismiques de l’époque. A ses côtés se tient le marché aux fleurs. Roses de porcelaine, alpinias, anthuriums, oiseaux de paradis, les plus belles fleurs de l’île y rivalisent de couleurs. C’est un des trois marchés de la ville. Un autre se tient à l’entrée de la Darse, et le troisième, sous les armatures métalliques de la halle Saint Antoine. Pour l’ambiance, le plaisir des yeux devant ces étals colorés, la variété des parfums et des saveurs, la promenade au marché est une étape essentielle et quasi initiatique. Sur les étals des marchandes en costumes traditionnels, dans une explosion de couleurs, s’offre un large choix de fruits et de légumes avec plus de soixante quinze variétés différentes. A côté des fruits et légumes, les doudous initient les curieux aux incroyables senteurs et saveurs des épices. Si les doudous sont particulièrement accueillantes et donnent du « chéri » et du « doudou » à tous les passants, il faut toujours demander la permission avant de les prendre en photo ou de les filmer.

La rue Frébault est l’artère commerçante de la ville et accueille de nombreuses bijouteries, des boutiques de Madras, des vendeurs à la sauvette, des cordonniers, des vendeurs de montres, de bracelets et de lunettes de soleil. Une incroyable effervescence règne dans la cité, d’autant plus étonnante qu’à la nuit tombée l’activité s’arrête, les rues se vident et l’ambiance devient presque inquiétante.

Publié dans Guadeloupe

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