Guadeloupe - Quelques remarques

Publié le par Amrael38

Je vais profiter de ce message pour parler du climat de la Guadeloupe. Nous sommes donc allés en Guadeloupe en février, c'est-à-dire en saison sèche (qui va de Décembre à Mai). Pendant cette période, la température de l’air oscille entre 23 et 25 degrés Celsius en moyenne, alors que la température de l’eau reste généralement autour de 26°C. Malgré la période sèche, la végétation de l’île reste étonnamment verdoyante. C’est l’une des choses qui frappe au début lorsque l’on observe les paysages. Certes, les feuilles de palmiers sont jaunies et l’herbe peut être jaune par endroits mais globalement on est étonné de voir tant de verdure.
Le fait d’être en saison sèche n’empêche absolument pas le fait qu’il y ait plusieurs fois par jour de courtes averses un peu partout sur l’île.
L’humidité est très importante en Guadeloupe, même en saison sèche. Elle atteint les 80 à 90% d’hygrométrie. Il est assez difficile de faire sécher du linge autrement qu’en le mettant en plein soleil. Le phénomène est encore plus difficile à gérer en saison humide où l’hygrométrie atteint les 100% et qu’il est courant que dans certaines parties de l’île, le linge puisse moisir en quelques jours dans les armoires.
Le problème de l’humidité a beaucoup de conséquences autres que celui du linge qui moisit dans les armoires. On peut voir la même chose avec les ordinateurs qui moisissent s’ils ne sont pas constamment allumés, les tapisseries et les peintures se détériorent très vite dans les maisons. Et il en est de même pour les infrastructures de l’île (routes …).

 
Un autre point étonnant en Guadeloupe, c’est la présence de vaches et de chèvres attachées un peu partout. On peut en voir sur des petits carrés d’herbe au bord de la route, dans les jardins des maisons qui sont à l’extérieur de la ville. En fait ce sont les animaux domestiques des habitants. Il est courant qu’une famille possède une vache qu’elle utilisera pour son lait ou tout simplement pour sa viande.
Une petite anecdote à propos de ces animaux domestiques : si une personne prend une chèvre à quelqu’un, c’est considéré comme un vol. Par contre, si une personne écrase sur la route une chèvre qui s’est échappée cette chèvre n’appartient plus à personne et celui qui l’a écrasé peut mettre la chèvre dans son coffre pour récupérer sa viande (En fait, le propriétaire de la chèvre préfère voir quelqu’un prendre le corps de sa chèvre plutôt que d’assumer la responsabilité de l’accident).
(Photo ici)

 
Une autre anecdote sur les autochtones. Ils sont nombreux à ne pas aimer être pris en photo. C’est très important de le savoir avant d’y aller. On peut avancer plusieurs raisons toutes plus ou moins vraies :
-   Certains n’aiment tout simplement pas être photographiés par des touristes.
-        Certains estiment que c’est une injure de les photographier comme on peut photographier des animaux.
-     On peut aussi penser à la culture du vaudou qui veut que l’on puisse capturer l’âme de quelqu’un en le photographiant.
-    … quelle que soit la raison, mieux vaut demander la permission car les réactions peuvent être très violentes.
 
 

 
Autre petit truc à savoir, il est très mal vu qu’un touriste se balade en maillot de bain en allant ou sortant de la plage. Même si vous voulez aller manger au restaurant qui est sur la plage, il est préférable de se rhabiller avant d’y aller sous peine de se faire regarder de travers. Pareil pour les demoiselles qui mettent un short par-dessus le maillot une pièce pour aller faire les boutiques en bord de la plage, vous risquez d’attirer des regards noirs sur vous (de même pour un t-shirt par-dessus le maillot, il est possible que ça ne suffise pas).

 
Une autre anecdote sur les autochtones... Enfin, c’est plus une impression sur l’accueil des Guadeloupéens envers les touristes « blancs ». Le sentiment commun à notre petit groupe était le suivant : les Guadeloupéens qui vivent du tourisme sont très accueillants envers les touristes (ce qui semble logique de toute façon). Donc, dans les hôtels, les restaurants, les magasins attrape-touristes, en général tout se passe bien. Le problème est qu’en fait ceux qui ne vivent pas du tourisme peuvent se montrer beaucoup moins accueillants. Quelques exemples pour illustrer notre mauvaise expérience sur ce point :
-         A plusieurs reprises, des Guadeloupéens autour de nous parlaient en Créoles. Ce qui peut être quasiment assimilé à une langue étrangère pour une oreille non exercée. Ces Guadeloupéens parlaient donc librement entre eux, pensant que nous ne pouvions les comprendre. Malheureusement pour eux, notre famille a vécu plusieurs années en Guadeloupe il y a bientôt 15 ans. Et donc mon paternel comprend parfaitement le Créole. D’après ce qu’il a pu entendre, ils peuvent raconter des choses assez abominables à votre sujet en vous regardant droit dans les yeux.
-         A l’occasion d’un défilé de carnaval auquel nous avons voulu assister, nous nous sommes assis dans une rue en attendant que les groupes passent. Chaque groupe était constitué de 3 parties. En tête de groupe se trouvaient 3 ou 4 personnes, l’une avec un encensoir qu'elle agitait d’avant en arrière, quant aux autres ils étaient équipés d’immenses fouets en corde tressée qu’ils faisaient violemment claquer au sol. Le son produit lors d’un claquement est comparable à celui de l’explosion d’un énorme pétard. Si j’ai bien compris, à l’occasion des carnavals ils font claquer leurs fouets pour chasser les mauvais esprits. Viens ensuite le groupe du milieu qui est constitué de personnes déguisées qui chantent tout au long du défilé. Enfin dans la dernière partie de chaque groupe, on trouve tous les musiciens qui accompagnent de leur musique les chanteurs (tambours, cymbales …). Maintenant que le cadre est posé, je vais pouvoir vous dire pourquoi on s’est senti très mal accueillis : début du carnaval, le premier groupe défile devant nous. Ils étaient tous déguisés en militaires et chantaient un hymne de liberté dont je ne saurais dire la provenance et la signification. Le second groupe passe ensuite. Ils étaient tous vêtus de toges rouge sang et chantaient joyeusement en Créole. Le troisième groupe arrive ensuite. Cette fois, ils étaient tous vêtus de costumes de terroristes avec des bâtons de dynamite à la ceinture (J’ai trouvé que le thème du défilé était un peu curieux … premier groupe des militaires, second groupe des toges rouge sang et troisième groupe des terroristes … m’enfin bon on pensera ce qu’on voudra …). On s’est vraiment senti mal à l’aise lors du passage du troisième groupe. Les fouetteurs de ce groupe ont particulièrement insisté à fouetter juste devant nous en nous regardant de travers. A ce moment là, nous nous sommes tous senti « de trop » dans ce défilé. Et lorsque nous avons regardé autour de nous, nous nous sommes aperçus que nous étions les seuls « blancs » dans toute la rue du défilé. Les regards de travers, l’insistance des coups de fouet qui tombaient devant nous, nous n’avons pris que quelques secondes pour décider de ne pas rester plus longtemps, surtout dans une telle « ambiance ». Nous pensions que nous nous faisions tous des films et puis en nous concertant, nous avons vu que nous avions tous eu ce sentiment de « vous n’êtes pas les bienvenus » au même moment (lors du passage du 3ieme groupe).

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